La Confédération africaine de football (CAF) a affirmé avoir apporté un soutien unanime à Gianni Infantino, président de la Fédération internationale de football association (FIFA). Cette déclaration officielle, qui a suscité de nombreuses interrogations, fait désormais l'objet d'une contestation sérieuse. L'enquête menée par le journaliste d'investigation Romain Molina a révélé que ce soutien n'avait pas le consensus des membres du comité exécutif de l'organisation. La réunion du comité exécutif de la CAF s'est tenue le 6 août, et c'est durant cette rencontre que les faits se sont déroulés. Contrairement à l'annonce officielle, seulement quatre officiels ont explicitement déclaré leur soutien à Gianni Infantino. Romain Molina a précisé que le déroulement réel de la réunion contredisait de manière flagrante l'annonce d'un soutien unanime de la CAF au président de la FIFA, soulignant un décalage notable entre la communication publique et les discussions internes.
Les soutiens explicites identifiés
Quatre officiels ont explicitement manifesté leur soutien à Gianni Infantino lors de la réunion du comité exécutif de la CAF le 6 août. Parmi eux figuraient Patrice Motsepe, président de la CAF, Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football, Ahmed Yahya, président de la Fédération de football de la République islamique de Mauritanie, et Souleiman Waberi, président de la Fédération djiboutienne de football. Ces personnalités ont clairement exprimé leur position en faveur de M. Infantino. Idriss Diallo, président de la Fédération ivoirienne de football, figure également parmi les officiels soutenant le maintien de M. Infantino à la tête de la FIFA, bien qu'il n'ait pas fait partie des quatre déclarants lors de ladite réunion du 6 août. Son soutien, bien que non exprimé publiquement ce jour-là, est néanmoins considéré comme acquis.
Réactions et abstentions des membres
Les autres membres du comité exécutif n'ont pas déclaré leur soutien durant les discussions, préférant s'abstenir de prendre position, selon les informations recueillies par Romain Molina. Cette abstention collective est un élément clé qui contredit l'idée d'un soutien unanime. Plusieurs officiels se seraient dits surpris par l'écart flagrant entre la déclaration officielle de la CAF et les échanges réels qui ont eu lieu en coulisses. Le silence de la majorité des membres du comité n'indique pas nécessairement une opposition explicite, mais il reflète plutôt une prudence. Beaucoup préfèrent attendre les développements futurs et l'évolution de la situation avant de se prononcer clairement sur la question du leadership de la FIFA.
Motivations du soutien persistant
Gianni Infantino conserve des soutiens en Afrique, notamment grâce à un programme qui offre des fonds accrus aux fédérations nationales, selon le journaliste Romain Molina. Ce financement supplémentaire est un argument de poids pour de nombreuses fédérations. Ce soutien persistant s'explique également, d'après les analyses de Molina, par la crainte de certains officiels de voir le Comité d'éthique de la FIFA ouvrir des dossiers concernant leur gestion. Des responsables craindraient ainsi des enquêtes potentielles sur leurs propres administrations, ce qui les inciterait à maintenir une position favorable à l'actuel président. Le programme de la FIFA, qui propose un financement plus important et des ressources supplémentaires, est perçu par ses partisans comme un avantage direct et concret pour le développement du football local et national à travers le continent.
Perspectives futures et challengers
Romain Molina, le journaliste à l'origine de l'enquête qui a mis en lumière ces divergences, a estimé que l'émergence d'un challenger crédible à Gianni Infantino pourrait inciter les officiels à reconsidérer leurs positions. Cette perspective suggère que le soutien affiché à l'actuel président de la FIFA n'est peut-être pas aussi inébranlable qu'il y paraît en surface. L'équilibre des pouvoirs au sein du football africain, et par extension mondial, pourrait ainsi être modifié si une figure de poids venait à se présenter face à M. Infantino. Cela pourrait potentiellement débloquer les positions de certains membres du comité exécutif de la CAF qui se sont abstenus jusqu'à présent, les encourageant à exprimer plus ouvertement leurs véritables opinions ou à soutenir une nouvelle candidature.