La France observe avec attention le partenariat algéro-allemand, lequel a connu un développement notable ces dernières années. Berlin est désormais perçue comme une concurrente de poids face à Paris en Algérie. Les Français anticipent un renforcement des relations entre l'Algérie et l'Allemagne à l'occasion de la visite officielle du président Abdelmadjid Tebboune en Allemagne, prévue à la mi-juillet. D'autres pays européens ont maintenu des relations politiques équilibrées avec leurs voisins du Maghreb, contrairement à la France qui s'est engagée dans des calculs géopolitiques ayant entraîné une perte d'intérêts significatifs en Algérie.
Accords et investissements bilatéraux
Plusieurs mémorandums d'accord (MoU) ont été signés dans divers secteurs, notamment l'industrie et le numérique. Le nombre d'accords conclus entre l'Algérie et l'Allemagne a augmenté ces dernières années, cette diversification s'appuyant sur les résultats du premier Sommet algéro-allemand sur l'investissement, tenu l'année dernière. Les deux pays ont récemment signé deux accords en Algérie. Un premier accord, financé par le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement, vise la numérisation et la modernisation du réseau électrique algérien. Un second accord a été signé entre la compagnie algérienne Sonatrach et l'entreprise allemande VNG AG, ayant pour objectif le développement de projets d'hydrogène vert afin de réduire les émissions de méthane en Algérie. Une volonté politique existe, de la part de l'Algérie et de l'Allemagne, d'élargir les horizons de leur partenariat bilatéral.
Secteurs stratégiques sous pression
Le partenariat algéro-allemand impacte des secteurs sensibles, notamment l'énergie, qu'elle soit fossile ou renouvelable, ainsi que l'industrie automobile. Les accords visent à diversifier la production énergétique algérienne et à en exporter une partie vers l'Europe. Un projet conjoint majeur entre les deux pays est le gazoduc "South 2", long de 3300 km, destiné à transporter à l'avenir de l'hydrogène vert de l'Afrique du Nord vers l'Europe. L'Allemagne est le partenaire le plus important de ce projet futur prometteur. Parallèlement, des entreprises spécialisées dans le secteur automobile et la sous-traitance, mandatées par le Ministère fédéral allemand de l'Économie et de l'Action climatique, sont également concernées. L'industrie automobile allemande s'apprête à entrer sur le marché algérien, suite à la visite d'une délégation spécialisée dans la fabrication automobile et la sous-traitance entre le 28 juin et le 3 juillet.
Visite présidentielle et perspectives
La visite présidentielle n'a pas été officiellement annoncée par la partie algérienne. Parallèlement, la Chambre algéro-allemande de l'industrie et du commerce a indiqué la semaine dernière que six entreprises industrielles allemandes se rendront en Algérie fin juin. L'Italie a, pour sa part, établi une relation économique solide avec l'Algérie, axée sur les marchés de l'énergie et de l'automobile. La marque italienne Fiat est la seule parmi ses homologues mondiaux à produire et commercialiser localement en Algérie. En revanche, l'usine Renault d'Oued Tlélat, près d'Oran, est fermée depuis environ six ans en raison d'un manquement aux obligations contractuelles.
Implications pour la France
Les médias français ont relevé le rapprochement algérien significatif avec Berlin. Les Français estiment perdre un pays ami et un marché prometteur en raison de différends politiques et diplomatiques qui ont assombri les relations bilatérales ces dernières années. Parmi ses partenaires européens, comme les Italiens, les Espagnols et les Allemands, la France est perçue comme la principale perdante des partenariats algériens.