L'Algérie a réalisé des progrès significatifs dans la réduction de l'avancée du sable dans plusieurs régions au cours des dernières décennies. Ces avancées témoignent de l'engagement du pays face à un défi environnemental d'envergure. L'État algérien a mis en œuvre plusieurs programmes à cette fin, notamment la relance et l'expansion du projet du Barrage vert. Ce projet emblématique est au cœur de la stratégie nationale de lutte contre la désertification. La protection des steppes algériennes est considérée comme une nécessité stratégique pour la sécurité alimentaire du pays, garantissant la production agricole et l'approvisionnement des populations. Elle vise également à préserver le bétail, un pilier économique pour de nombreuses communautés rurales, et à favoriser le développement durable dans ces zones vitales.
Ampleur des efforts et réalisations
L'expansion du projet du Barrage vert englobe des actions de reboisement, de récupération des terres et de protection des sols sur une superficie impressionnante de 4,7 millions d'hectares. Ces efforts se déploient à travers 13 wilayas du pays, couvrant une large bande de territoire vulnérable à la désertification. Trois wilayas, à savoir Biskra, Sétif et Bordj Bou Arréridj, sont spécifiquement incluses dans cette phase d'extension du programme, bénéficiant d'une attention particulière pour la mise en œuvre des actions sur le terrain.
Les méthodes employées dans le cadre de ces initiatives sont diversifiées et visent une efficacité maximale. Elles incluent la stabilisation mécanique et biologique des dunes de sable, une technique clé pour freiner l'avancée du désert. Cela est réalisé notamment par l'établissement de barrières végétales robustes et la plantation d'espèces locales résistantes à la sécheresse, sélectionnées pour leur adaptation aux conditions arides et semi-arides. Parallèlement, des ceintures vertes ont été mises en place autour des villes, des oasis, des routes et des infrastructures vitales pour renforcer ces protections et créer des microclimats plus favorables. La récupération des terres dégradées et la lutte contre l'érosion des sols sont également encouragées grâce à l'application de techniques de conservation de l'eau et du sol, telles que le labour en courbes de niveau ou la construction de petits barrages de retenue. Ces mesures combinées contribuent à restaurer la fertilité des sols et à améliorer la résilience des écosystèmes.
Défis majeurs et pressions humaines
L'Algérie est confrontée à des défis importants en raison de ses vastes zones désertiques et semi-désertiques, qui représentent une part considérable de son territoire. Les impacts du changement climatique, se manifestant par des sécheresses plus fréquentes et intenses, ainsi que la pression humaine croissante sur les ressources naturelles, exacerbent le phénomène de la désertification à travers le pays. Ces facteurs combinés mettent en péril la biodiversité et les moyens de subsistance des populations locales. Le surpâturage dans les zones steppiques est identifié comme une cause majeure de la dégradation de la végétation. Cette pratique, souvent due à une gestion non durable des troupeaux, contribue ainsi à l'accélération de la désertification. Le pâturage excessif réduit la couverture végétale, expose les sols aux éléments et fragilise leur structure, les rendant plus vulnérables à l'érosion éolienne et hydrique. La Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse, prévue le 17 juin 2026, mettra l'accent sur cette problématique, avec pour slogan : « Pâturages : Reconnaître leur valeur, les respecter, les restaurer ». Ce thème note l'importance clé de ces écosystèmes et la nécessité de leur gestion durable face aux défis environnementaux actuels, appelant à une prise de conscience collective et à des actions concrètes.
Solutions et stratégies d'adaptation
Face à ces défis, plusieurs solutions sont proposées pour contrer la désertification et restaurer les écosystèmes dégradés. Celles-ci incluent la régulation du pâturage par l'établissement de périodes de repos biologique, permettant à la végétation de se régénérer, et la mise en œuvre de systèmes de pâturage tournant, qui évitent la surexploitation de zones spécifiques. La limitation du surpâturage est également préconisée à travers une surveillance rigoureuse et l'application stricte des lois protégeant les parcours naturels, afin de garantir un équilibre entre les besoins du bétail et la capacité de régénération des pâturages. La réhabilitation des steppes est recommandée par la plantation d'espèces pastorales locales résistantes à la sécheresse et la réaffectation des terres dégradées à des usages plus adaptés. Pour alléger la pression sur les pâturages naturels, particulièrement durant les années de sécheresse où la ressource se raréfie, il s'avère nécessaire de fournir des fourrages alternatifs pour le bétail, réduisant ainsi la dépendance aux pâturages naturels. L'implication des populations locales et des éleveurs dans la gestion des ressources pastorales, ainsi que la sensibilisation à ces enjeux environnementaux et économiques, sont considérées comme importantes pour assurer la pérennité des efforts.
Recherche scientifique et technologies
L'expansion de l'utilisation des technologies modernes, telles que la télédétection et l'intelligence artificielle, est préconisée pour le suivi de la couverture végétale et la prédiction des zones à risque. Ces outils permettent une surveillance plus précise et une anticipation des phénomènes de désertification, offrant des données cruciales pour une prise de décision éclairée. Un renforcement de la recherche scientifique est également jugé clé, notamment dans le développement des pâturages. Cet effort inclut l'amélioration des variétés végétales adaptées aux conditions climatiques difficiles, capables de mieux résister à la sécheresse et à la salinité. L'objectif est d'accroître la résilience des écosystèmes et de soutenir les pratiques agricoles durables face aux défis environnementaux, en intégrant l'innovation scientifique aux stratégies de gestion des terres.