En ce 3 mai 2026, l'analyste Ian Bremmer évoque une « ère G.0 » où des entreprises géantes, plutôt que des nations, dominent le monde via des systèmes numériques et l'intelligence artificielle. Ian Bremmer explique que « dans un contexte où les regards se tournent vers un monde multipolaire dirigé par les États-Unis, la Chine, la Russie et l'Europe, d'autres puissances supranationales émergent pour prendre les rênes. Ces puissances ont constamment développé leurs capacités de contrôle, d'analyse et d'influence dans tous les secteurs grâce à l'intelligence artificielle, au point de pouvoir orienter tous les secteurs économiques, financiers, médiatiques et militaires mondiaux, contribuant ainsi largement à la formation d'un ordre mondial numérique.
Théories sur le pouvoir mondial
Cette ère dite « G.0 », selon Ian Bremmer, marquerait une transformation profonde des structures de gouvernance mondiale. Les entreprises technologiques, par leur influence et leurs capacités, supplanteraient les groupes traditionnels tels que le G7, le G8, le G20 ou les BRICS dans la gestion des affaires mondiales. Leurs systèmes numériques et leur maîtrise de l'intelligence artificielle leur conféreraient un rôle central, redéfinissant ainsi les pôles de décisions et d'influence. Ce changement impliquerait un déplacement du pouvoir des États et des alliances intergouvernementales vers des acteurs privés dotés de vastes infrastructures technologiques. Ian Bremmer suggère que ces entités pourraient dicter les normes et les orientations à l'échelle planétaire, remodelant les dynamiques géopolitiques et économiques actuelles.
Le rôle du Sud global
Le livre « The triangle of power » d'Alexander Stubb, publié en janvier 2026, suggère une division du pouvoir mondial entre trois entités principales. Alexander Stubb y avance que le pouvoir sera partagé entre « الغرب بقيادة الولايات المتحدة » (l'Occident dirigé par les États-Unis), « الشرق بقيادة الصين » (l'Orient dirigé par la Chine) et « الجنوب العالمي الذي مازال لحد اليوم بلا قيادة واضحة » (le Sud global, qui n'a pas encore de leadership clair). Selon lui, l'avenir du système mondial dépendra de la manière dont le Sud global interagira avec ces deux autres pôles. Alexander Stubb déclare : « كيفية تعامل الجنوب العالمي مع هذا الطرف أو ذاك هو الذي سيُحدٍّد مستقبل النظام العالمي، وعليه فمن السابق لأوانه القول بأن مستقبل هذا النظام قد حُسِم وانتهى الأمر، وأن مصير دولنا وشعوبنا هو التبعية مرة أخرى لقوى خارجية، إن كانت قوى عظمى أو شركات تكنولوجيا عملاقة أو مجموعات حضارية. » Il estime donc prématuré de conclure que le futur de cet ordre est déjà scellé, évitant ainsi la perspective d'une nouvelle dépendance des nations du Sud à l'égard de puissances extérieures, qu'il s'agisse de grandes puissances, de géants technologiques ou de blocs civilisationnels.
Perspectives et défis futurs
Le présent article, issu de la section "Opinion", explore les dynamiques de l'ordre mondial en mutation et les opportunités qu'elles représentent pour le Sud global. Il s'inscrit dans une analyse des transformations structurelles de la gouvernance internationale, où les acteurs traditionnels voient leur influence remise en question par l'émergence de nouvelles forces. L'approche adoptée vise à éclairer les enjeux contemporains sans préjuger des développements futurs, en s'appuyant sur des perspectives divergentes. Cette contribution cherche à stimuler la réflexion sur la capacité du Sud global à naviguer dans un paysage géopolitique complexe, où différents modèles de pouvoirs se concurrencent et coexistent.