L'essor des petites entreprises algériennes : moteur de la croissance et de la diversification

“الجزائر الناشئة”.. أو حين تصنع ورشات صغيرة حُلما اقتصاديا بـ400 مليار دولار
Photo via Echoroukonline

En Algérie, le dynamisme des petites entreprises, souvent portées par des jeunes entrepreneurs, alimente l'ambition économique nationale, visant à atteindre un rêve de 400 milliards de dollars. Ce mouvement, détaillé dans l'article sous l'appellation « الجزائر الناشئة » (Algérie Émergente), met en lumière une nouvelle génération d'acteurs économiques. L'article discute de la manière dont de petits ateliers sont en train de créer ce rêve économique de 400 milliards de dollars, en s'inscrivant dans la vision économique de l'État algérien. Cette vision vise à soutenir la production nationale et à bâtir une économie moins dépendante des hydrocarbures, avec l'objectif d'atteindre un produit intérieur brut d'environ 400 milliards de dollars d'ici 2027.

De nombreux chefs d'entreprise impliqués dans cette effervescence sont âgés de moins de trente ans, appartenant ainsi à la Génération Z. Ces jeunes poussent à la diversification industrielle du pays. Les petites entreprises algériennes produisent déjà une gamme variée de composants, incluant des batteries, des phares, des pare-chocs, des câbles électriques, des filtres de moteurs, ainsi que des pièces en plastique et en caoutchouc destinées aux chaînes d'assemblage. Ce rôle croissant des jeunes entrepreneurs et des petites entreprises est fondamental pour la transformation économique du pays, marquant une nouvelle ère de production locale et d'intégration dans les marchés internationaux.

Des ateliers au cœur de la production

La société SOMIMI, basée à Tahir dans la wilaya de Jijel, fabrique des pièces mécaniques qui s'intègrent dans la chaîne d'approvisionnement d'Airbus. Cette entreprise fut créée en 1990 sous le nom de « Maghreb Company for Precision Mechanics and Industrial Maintenance ». Fondée initialement pour la mécanique de précision et la maintenance industrielle, l'entreprise a su évoluer avec le temps. Après 2004, Adel Bensassi, alors dans la vingtaine, a orienté les investissements de l'entreprise vers les industries de précision et les équipements de haute technologie. Cette décision stratégique a permis à SOMIMI de se positionner sur des marchés exigeants. SOMIMI a concrétisé cette évolution en 2009 en signant un contrat pour fournir un fournisseur d'Airbus, illustrant sa capacité à répondre aux standards internationaux de l'aéronautique.

Dans un autre registre, Nghah Abdelrahman, directeur de « Soudaya », une entreprise spécialisée dans la soudure, le fer et la fabrication de véhicules à Tlemcen, a fondé sa société il y a huit ans. Son entreprise contribue au développement industriel local en proposant des solutions diversifiées dans le secteur de la métallurgie et de la production de véhicules. Parallèlement, Abdelnour Ismail a établi son usine pour les réservoirs « Sirgaz » à Batna à l'âge de 28 ans. Son usine se prépare à atteindre un volume de production annuel de 92 000 réservoirs, répondant ainsi à une demande croissante sur le marché. L'entreprise est également en négociation avec un partenaire chinois pour la construction d'une petite usine de voitures électriques, signalant une volonté d'expansion et d'innovation dans le secteur des véhicules électriques. Le volume de production annuel de Zara en Algérie s'élève à environ 700 000 mètres de tissu, démontrant l'ampleur de la production textile locale pour une marque internationale.

Intégration dans les chaînes mondiales

Certaines petites entreprises algériennes fabriquent désormais des pièces et des composants qui sont intégrés dans les chaînes de production mondiales, notamment pour des sociétés comme Airbus, Volkswagen, Zara et Skechers. Des entreprises algériennes ont également collaboré avec des marques internationales telles que Volkswagen, Geely et Stellantis, renforçant ainsi leur position sur l'échiquier économique mondial. Cette intégration se manifeste par une dépendance croissante des grandes entreprises, qu'elles soient publiques ou internationales, envers les sous-traitants locaux. Des entités publiques comme Sonatrach, Sonelgaz, Cosider et Saidal, ainsi que des opérateurs internationaux tels que Stellantis, Geely et Volvo Trucks, font de plus en plus appel à ces sous-traitants algériens, reconnaissant leur expertise et leur capacité de production.

L'entreprise Lablabi, par exemple, fournit des services à des clients majeurs tels que Ooredoo (Qatar), Orange et Algérie Télécom. Sara Kassi a fondé cette start-up en 2021. Lablabi a pour mission de développer des plateformes de formation dans les technologies de communication et l'intelligence artificielle. Ces initiatives contribuent à positionner les entreprises algériennes sur des marchés technologiques avancés, en offrant des services innovants et en développant les compétences locales dans des domaines de pointe.

Dans l'ouest du pays, la Bourse de la Sous-traitance de l'Ouest Algérien recense plus de 2 500 sous-traitants actifs, dont la majorité sont de petites entreprises. Cette concentration de sous-traitants illustre la capacité du tissu économique local à répondre à une demande diversifiée et à s'adapter aux besoins des grandes industries. La participation de ces petites entreprises aux chaînes de valeur mondiales et locales note leur rôle croissant dans la diversification économique de l'Algérie, en apportant une contribution significative à la production nationale et à l'exportation.

Diversification et objectifs nationaux

Cette orientation s'inscrit dans la vision économique de l'État algérien, qui vise à soutenir la production nationale et à bâtir une économie moins dépendante des hydrocarbures, avec l'objectif d'atteindre un produit intérieur brut d'environ 400 milliards de dollars d'ici 2027. Dans ce contexte, la marque Zara produit des vêtements en Algérie, en collaboration avec l'usine textile Tayal et de jeunes ateliers algériens, et les exporte vers 96 pays. Cette collaboration illustre la confiance des marques internationales dans la capacité de production algérienne et contribue à l'augmentation des exportations non-hydrocarbures. Parallèlement, Skechers se prépare à localiser une partie de son activité en Algérie, en partenariat avec Tradifoot et de petits ateliers locaux, ce qui créerait de nouvelles opportunités d'emploi et de développement industriel.

L'Algérie compte actuellement plus d'un million de petites et moyennes entreprises (PME), un chiffre qui témoigne de l'importance de ce secteur pour l'économie nationale. Le nombre d'entreprises exportatrices a progressé, passant d'environ 1 300 à plus de 2 000 en quatre ans, ce qui reflète les efforts du pays pour diversifier ses marchés et ses produits d'exportation. Environ 1 850 de ces entreprises exportatrices sont des PME, dont quelque 1 700 petites entreprises actives à l'exportation, notamment pour les dattes et les produits agricoles. Ces petites entreprises jouent un rôle clé dans la promotion des produits algériens à l'étranger. Les PME contribuent à environ 90 % des exportations dans le secteur de l'industrie alimentaire, soulignant leur dominance et leur dynamisme dans ce domaine essentiel pour la sécurité alimentaire et l'économie du pays.

Projets d'infrastructure et avenir

Un projet ferroviaire industriel reliant Bechar à Tindouf, lié à la mine de Gara Djebilet, a été inauguré début février 2026. Ce développement s'inscrit dans un effort national de renforcement des infrastructures, essentiel pour le transport des matières premières et le développement industriel des régions du sud. Le premier chargement de minerai de fer de Gara Djebilet est arrivé à l'usine Tosyali d'Oran le 2 février 2026, vingt-quatre heures après son départ, marquant une étape importante dans l'exploitation de cette ressource stratégique. Le projet de Gara Djebilet, d'une envergure significative, doit être mené à terme en deux étapes distinctes. La première phase, couvrant la période de 2024 à 2032, précède la seconde, prévue entre 2033 et 2040. Ce projet à long terme vise à maximiser l'extraction et la valorisation du minerai de fer, contribuant ainsi à la diversification économique et à la réduction de la dépendance aux hydrocarbures.

L'ensemble de ces initiatives, qu'il s'agisse de l'essor des petites entreprises, de leur intégration dans les chaînes de valeur mondiales, ou des grands projets d'infrastructure, dessine les contours d'une Algérie en pleine mutation. La jeunesse entrepreneuriale, la diversification de la production industrielle et l'ambition d'atteindre des objectifs économiques audacieux sont les piliers de cette « Algérie Émergente », qui cherche à consolider sa place sur la scène économique régionale et internationale.