L'Espagne envisage de couper le gaz et l'électricité au Maroc suite à la crise de Ceuta

Une tentative d'invasion de Ceuta par le Maroc, surnommée « La Marche Bleue » ou « Marche des Tongs et des Cadavres », a entraîné une crise humanitaire et sécuritaire sans précédent dans l'enclave espagnole. Les rues, plages, trottoirs et jardins de Ceuta se sont retrouvés envahis par une foule de personnes, créant une situation de chaos. Les habitants de Ceuta ont vécu dans la peur, ne pouvant ni sortir ni ouvrir leurs fenêtres, alors que les morgues de la ville se remplissaient de migrants noyés, soulignant l'ampleur de la tragédie humaine. Le gouvernement espagnol a officiellement démenti un rapport de RTVE concernant ces événements, bien que les faits sur le terrain aient été largement documentés.

La crise humanitaire à Ceuta

L'été, d'une chaleur sans précédent, a compliqué la situation à Ceuta, selon des rapports locaux, aggravant les conditions de vie des personnes présentes. Des abris temporaires, fabriqués à partir de tissu, de roseaux, de plastique et de tôle, ont été érigés dans toutes les installations de la ville pour accueillir les personnes déplacées, témoignant de l'urgence de la situation. Les rues se sont rapidement remplies de détritus et de déchets, ajoutant à l'urgence sanitaire et environnementale. La ville s'est transformée, selon certains observateurs, en une ville marocaine empreinte de chaos et de saleté, une description qui note la dégradation rapide de l'environnement urbain.

L'inaction espagnole et les pressions internes

Malgré la gravité de la situation, le gouvernement espagnol n'a pris aucune mesure à l'encontre du Maroc et n'a émis ni commentaire ni menace suite aux événements de Ceuta. Cette absence de réaction officielle a suscité des interrogations et des critiques en Espagne. L'idée de couper le gaz et l'électricité pour dissuader le Maroc est néanmoins considérée par beaucoup comme une option sérieusement envisagée par l'Espagne, et figure en bonne place sur l'agenda politique. Des citoyens espagnols demandent avec insistance à leur gouvernement de couper l'approvisionnement en gaz du Maroc et de rompre les relations diplomatiques, reflétant une frustration croissante. Des spécialistes stratégiques espagnols publient activement des articles et des études sur l'importance de punir le Maroc en coupant ses sources d'énergie, arguant que c'est le seul langage que Rabat comprendrait. Les Espagnols interprètent le rétablissement des relations entre l'Espagne et l'Algérie comme une manœuvre diplomatique que le Maroc n'aurait pas comprise ou aurait mal interprétée.

L'exemple algérien et la stratégie de la force

Des spécialistes débattent des mesures que l'Espagne devrait prendre pour dissuader le Maroc, cherchant des stratégies efficaces pour faire face à la situation. L'Algérie est fréquemment citée comme un exemple d'État ayant réussi à dissuader le Maroc par des actions concrètes. Il est affirmé avec force que le Maroc ne comprend que la force et une dissuasion concrète sur le terrain, une perspective partagée par de nombreux analystes. L'Algérie est présentée comme un modèle pour affronter le Maroc, notamment en coupant les relations, en fermant l'espace aérien et en interrompant l'approvisionnement en gaz, des mesures drastiques qui ont eu un impact significatif. Dans ce contexte, l'Espagne est conseillée de couper le gaz au Maroc, considérée comme la seule action disponible pour freiner l'expansion marocaine et ses ambitions régionales. La cessation du pompage de gaz par l'Algérie via le gazoduc traversant le Maroc est interprétée comme une punition directe suite à une menace marocaine envers l'Algérie, démontrant l'efficacité de telles mesures. Il est indiqué que le Maroc obtient du gaz russe illégalement et doit le faire passer par les raffineries espagnoles et le gazoduc Espagne-Algérie, soulevant des questions sur la légalité de ces transactions. Le gazoduc algéro-espagnol est inopérant depuis que l'Algérie a arrêté son exploitation il y a plusieurs années, compliquant la situation énergétique. Le passage du gaz par ce gazoduc est jugé illégal car le Maroc n'a pas contribué financièrement à sa construction, ce qui ajoute une dimension juridique au débat. Le Maroc, de son côté, interprète le rétablissement des relations entre l'Algérie et l'Espagne comme lié à un retrait espagnol du soutien à l'autonomie du Sahara Occidental ou à un projet secret visant à étrangler le Maroc en coupant le gaz, révélant une méfiance profonde.

Les leviers énergétiques de l'Espagne

Le 18 août, la chaîne RTVE a rapporté que le gouvernement de Pedro Sánchez avait sollicité auprès des grandes compagnies énergétiques espagnoles des données concernant les échanges de pétrole, de gaz et d'électricité avec le Maroc. Cette information a suscité un grand enthousiasme en Espagne et un choc à Rabat, selon le média, soulignant la sensibilité de la question énergétique. Le Maroc dépendrait d'environ 25% de son approvisionnement en électricité de l'Espagne, ce qui confère à Madrid un levier considérable. Toutes les quantités de gaz achetées par le Maroc sur le marché international doivent transiter par les terminaux espagnols de regazéification de GNL, selon des affirmations, ce qui place l'Espagne dans une position stratégique important. Eduardo Segovia a écrit dans _The Objective_ que l'Espagne peut interrompre à tout moment ses fournitures de gaz et d'électricité au Maroc, une capacité qui renforce sa position de force. Le Maroc est considéré comme le pays le plus faible de la région en termes d'utilisation de l'énergie, ce qui le rend particulièrement vulnérable à de telles pressions.