Le commandant du CENTCOM présente à Trump des options de frappes contre l'Iran

Le chef du CENTCOM présente à Donald Trump un plan de frappe décisive contre l’Iran, selon un rapport
Photo via Echoroukonline

Le commandant du CENTCOM, l'amiral Brad Cooper, a présenté jeudi au président Donald Trump des options de frappes contre l'Iran, lors d'une réunion au Situation Room. Selon des sources concordantes, ces options incluaient un plan prévoyant une série de frappes « courtes et puissantes » ciblant les actifs militaires, les dirigeants et les infrastructures de l'Iran. Les objectifs envisagés incluraient spécifiquement les « actifs militaires restants, les dirigeants et les infrastructures » du pays, d'après des informations rapportées. Cette présentation a eu lieu lors d'un briefing clé.

Le général Dan Caine, chef d'état-major interarmées, devait également participer à cette réunion de jeudi, selon les sources. Une autre des options envisagées, qui devait être présentée à M. Trump, se concentre sur la prise de contrôle d'une partie du détroit d'Ormuz afin de le rouvrir au transport maritime commercial. Par le passé, une opération des forces spéciales visant à sécuriser le stock d'uranium hautement enrichi de l'Iran a été discutée et pourrait être soulevée lors de ce briefing. Les États-Unis et Israël avaient déjà mené des frappes contre l'Iran le 28 février, suite à un briefing similaire donné à M. Trump par l'amiral Cooper le 26 février. Une source proche de M. Trump a indiqué que ce briefing précédent avait contribué à la décision du président d'entrer en guerre. Ces événements soulignent l'importance des discussions stratégiques en cours.

Options de frappes détaillées et capacités militaires

Le Pentagone examine également le déploiement de systèmes d'armes avancés, dont un nouveau missile hypersonique baptisé « Dark Eagle ». Ce missile « Dark Eagle » serait en mesure d'atteindre des cibles situées jusqu'à 3 218 kilomètres (2 000 miles), selon des informations du Pentagone. Les bombardiers B-1B Lancer, qui peuvent transporter des charges utiles hypersoniques allant jusqu'à 2 268 kilogrammes (5 000 livres), ont intensifié leur présence dans la région. Une telle opération militaire contre l'Iran pourrait inclure l'engagement de forces terrestres, a indiqué une source proche du dossier, citée par Reuters. Ces éléments s'inscrivent dans le cadre des options stratégiques présentées à la direction politique, démontrant l'éventail des capacités militaires envisagées.

Contexte des tensions et des réponses régionales

Les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran ont provoqué une riposte de Téhéran, ciblant les alliés américains dans le Golfe et entraînant la fermeture du détroit d'Ormuz. Cette situation a conduit le trafic maritime à travers le détroit d'Ormuz, un point de passage clé pour environ 20 % des expéditions mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié, à un quasi-arrêt. La guerre en Iran a ainsi eu un impact significatif sur le commerce international.

Un cessez-le-feu a été annoncé le 8 avril, à la suite d'une médiation pakistanaise visant à apaiser les tensions régionales. Des discussions ont ensuite eu lieu à Islamabad les 11 et 12 avril, mais elles n'ont pas abouti à un accord définitif entre les parties. Donald Trump a unilatéralement prolongé la période de cessez-le-feu, qualifiée de « rêve », à la demande du Pakistan, sans toutefois fixer de nouvelle échéance pour la fin de cette trêve. Cette prolongation reflète une tentative de désescalade, bien que les pourparlers n'aient pas encore produit de résultats concrets.

Leviers diplomatiques et menaces nucléaires

Donald Trump considère le blocus naval contre l'Iran comme « un peu plus efficace que le bombardement », a-t-il déclaré à Axios mercredi. Selon deux sources citées par Axios, M. Trump voit actuellement ce blocus comme son principal levier d'action, mais envisagerait une intervention militaire si l'Iran ne cédait pas. Les planificateurs militaires américains considèrent la possibilité que l'Iran prenne des mesures militaires contre les forces américaines dans la région en représailles au blocus. Washington espère ainsi rendre l'Iran plus flexible à la table des négociations sur les questions nucléaires, a rapporté Axios. Donald Trump a cité le programme nucléaire iranien comme une menace imminente, justifiant la pression exercée sur Téhéran.

Téhéran, pour sa part, nie vouloir se doter d'armes nucléaires, affirmant son droit à développer la technologie nucléaire à des fins pacifiques, y compris l'enrichissement, en tant que signataire du Traité de non-prolifération nucléaire. Cette position met en lumière la divergence fondamentale entre les deux parties concernant les intentions et les droits relatifs au programme nucléaire iranien. Les États-Unis cherchent à limiter les capacités nucléaires de l'Iran, tandis que Téhéran insiste sur son droit souverain à l'utilisation pacifique de l'énergie atomique.

Réactions et avertissements iraniens

Un haut responsable du Corps des Gardiens de la Révolution islamique a averti que toute attaque américaine contre l'Iran, même limitée, entraînerait des « frappes longues et douloureuses » sur les positions régionales des États-Unis. Ses propos ont été rapportés jeudi par les médias d'État, selon Reuters. Cette déclaration note la détermination de l'Iran à riposter en cas d'agression, et met en évidence les risques d'une escalade régionale majeure. L'avertissement iranien intervient alors que les options militaires sont activement discutées à Washington, ajoutant une couche de complexité aux calculs stratégiques des deux côtés. La rhétorique tendue entre les parties reflète la gravité de la situation et les enjeux considérables qui pèsent sur la stabilité du Moyen-Orient.