Lancement des travaux du gazoduc Transsaharien : l'Algérie donne le coup d'envoi

بعد ربع قرن انتظار… الجزائر تكسب رهان أنبوب الغاز العابر للصحراء
Photo via Echoroukonline

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L'Algérie a officiellement inauguré les travaux de sa section du projet de gazoduc Transsaharien, marquant une étape majeure et concrète pour cette infrastructure énergétique d'envergure continentale. La cérémonie d'inauguration s'est déroulée à Oulfa, dans la wilaya d'Adrar, en présence de représentants de haut niveau des pays partenaires, soulignant l'importance stratégique de cet événement. Ce projet est unanimement décrit comme stratégique et continental, car il vise à relier l'Algérie, le Niger et le Nigeria, créant ainsi un corridor énergétique vital. Le gazoduc a pour objectif de transporter plus de 20 milliards de mètres cubes de gaz par an depuis le Nigeria, en traversant le Niger, avant d'atteindre le territoire algérien pour son acheminement vers les marchés internationaux. Cette capacité massive est destinée à répondre à une demande croissante en Europe et à renforcer la position de l'Algérie en tant que hub énergétique régional.

Spécificités du tronçon algérien : une infrastructure clé

La section algérienne du gazoduc, dont les travaux ont officiellement débuté, s'étendra sur une distance de 1210 kilomètres à travers des terrains variés et parfois difficiles. Les opérations en cours comprennent notamment le soudage de conduites d'un diamètre imposant de 48 pouces, une technologie qui garantit une capacité de transit élevée et une robustesse à long terme. Cette partie clé du projet a pour vocation de se raccorder aux infrastructures gazières existantes en Algérie, lesquelles mènent vers Hassi R'Mel, un pôle gazier central du pays. De là, le gaz pourra être acheminé efficacement vers les points d'exportation stratégiques de Beni Saf ou d'El Kala, permettant ainsi sa livraison vers les marchés européens.

Au-delà de sa fonction de transit international, le tronçon algérien est également conçu pour le transport et la valorisation du gaz additionnel produit en Algérie. Cette capacité est particulièrement destinée aux gisements situés dans les bassins du Sud-Ouest du pays, une région riche en ressources inexploitées. Le projet vise spécifiquement à valoriser les champs gaziers prometteurs de l'Algérie dans cette région, notamment ceux du bassin d'Ahnet, contribuant ainsi à diversifier les sources d'approvisionnement et à optimiser l'exploitation des réserves nationales. L'intégration de ces nouvelles sources de production gazière renforce l'autonomie énergétique de l'Algérie et sa capacité à répondre aux besoins du marché.

Vision stratégique et coopération continentale renforcée

Le projet est mis en œuvre conformément aux directives claires et répétées du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Ces directives insistent fortement sur la promotion d'une coopération africaine solide et le développement de partenariats Sud-Sud mutuellement bénéfiques. Cette approche sous-tend l'ambition de l'Algérie de renforcer les liens énergétiques et économiques avec ses voisins continentaux, positionnant le gazoduc Transsaharien comme un pilier de l'intégration régionale. C'est une illustration concrète de la volonté algérienne de participer activement au développement et à la stabilité énergétique du continent africain.

Les trois pays partenaires, l'Algérie, le Niger et le Nigeria, ont convenu d'adopter les résultats de l'étude de faisabilité détaillée menée par le cabinet international PENSPEN. Cette décision marque une étape importante dans la validation technique et économique du projet, consolidant ainsi le cadre de sa réalisation et attestant de sa viabilité. L'accord sur cette étude est le fruit d'une coordination tripartite approfondie et d'un engagement commun envers la réussite de l'initiative.

Le Niger, l'un des pays clés de ce corridor énergétique transcontinental, prévoit de lancer les travaux de sa section du gazoduc au début de l'année 2027. Ce calendrier indique une progression coordonnée et planifiée entre les nations impliquées pour la mise en œuvre de cette infrastructure d'envergure régionale, démontrant la synchronisation des efforts malgré les défis logistiques et techniques.

Réactions et engagements des partenaires : un projet de longue haleine

L'idée du gazoduc Transsaharien a été lancée il y a environ 25 ans, marquant un long cheminement avant le début effectif des travaux. Cette persévérance témoigne de la vision à long terme et de la détermination des pays impliqués. Le ministre nigérien du Pétrole, Hamadou Tainy, a affirmé que son pays avait déjà entamé des travaux de collaboration avec l'Algérie sur la section nigérienne du projet, soulignant ainsi l'engagement précoce et continu du Niger. Il a déclaré que le projet de gazoduc Transsaharien est entré dans une phase décisive après des années de préparation minutieuse et de coordination intensive entre les trois pays. M. Tainy a également salué « la vision des leaders de l'Algérie, du Niger et du Nigeria qui ont maintenu leur conviction dans le projet malgré les défis, jusqu'à ce qu'il soit désormais plus proche que jamais de la réalisation sur le terrain », insistant sur la résilience et la détermination politique qui ont soutenu l'initiative.

Le ministre d'État nigérian aux Ressources pétrolières, Ekperikpe Ekpo, a pour sa part exprimé son admiration face à la préparation et aux progrès remarquables de l'Algérie. Ekperikpe Ekpo a indiqué que « ce que j'ai vu en Algérie reflète un niveau avancé de préparation à la mise en œuvre du projet de gazoduc Transsaharien, et je suis impressionné par les progrès des préparatifs et les mesures pratiques prises pour réaliser ce projet stratégique ». Il a également souligné que « ce qui a été observé à Adrar confirme la volonté inébranlable de l'Algérie d'aller de l'avant avec le projet, considérant le lancement des travaux comme une preuve tangible du passage du projet du stade de la planification à celui de l'exécution réelle ». Ces déclarations renforcent la confiance dans la capacité de l'Algérie à mener à bien sa partie de l'entreprise.

Le Nigeria, en tant que principal fournisseur de gaz pour le gazoduc, s'est engagé fermement à assurer l'approvisionnement des quantités de gaz programmées et procédera aux étapes de sa mise en œuvre. Cette affirmation des autorités nigérianes s'inscrit dans la continuité des efforts de coordination tripartite visant à concrétiser l'ambition énergétique régionale, garantissant ainsi la viabilité opérationnelle du gazoduc. Cet engagement ferme des trois nations est essentiel pour le succès et la pérennité de cette infrastructure qui promet de transformer le paysage énergétique de l'Afrique de l'Ouest et du Nord.