L'Algérie a annoncé l'adoption de l'anglais à partir de la troisième année de l'enseignement primaire, une décision rendue publique par le ministère de l'Éducation nationale le 25 juillet 2026. Cette nouvelle politique linguistique entrera en vigueur dès l'année scolaire 2026-2027. Cette initiative marque un tournant majeur dans le système éducatif algérien, visant à renforcer les compétences linguistiques des jeunes générations dès leur plus jeune âge. Parallèlement, le ministère de l'Enseignement supérieur a instruit les doyens des facultés de médecine, le 3 avril 2025, de commencer progressivement l'enseignement en anglais pour la première année de médecine, de pharmacie et de chirurgie dentaire. Cette mesure s'appliquera dès la rentrée universitaire 2025-2026, soulignant une approche coordonnée entre les différents paliers de l'éducation pour une transition linguistique en profondeur.
Contexte d'une Transition Linguistique
La nouvelle politique linguistique algérienne prolonge une orientation stratégique initiée dès 2022. Cette démarche s'inscrit dans une réflexion plus large sur la place des langues dans la recherche scientifique et l'éducation à l'échelle mondiale. Des chercheurs de l'Université de Montréal ont publié en 2026 une étude approfondie, analysant environ 88 millions d'articles de recherche parus depuis 1990. Leur analyse a révélé que la part de l'anglais dans les publications scientifiques mondiales a diminué de 94 % à 85 % entre 1990 et 2023. Malgré cette baisse relative de sa part proportionnelle, le nombre total de publications en anglais a plus que quintuplé sur la même période, de 1990 à 2023, ce qui témoigne de son rôle prépondérant en tant que langue de la science. L'étude de l'Université de Montréal a également souligné que 98,89 % des références citées dans ces publications étaient en anglais, quel que soit le langage de publication de l'article principal, confirmant ainsi la position dominante de l'anglais comme véhicule du savoir scientifique et technique.
Détails de la Nouvelle Politique Éducative
La nouvelle politique algérienne prévoit l'introduction du français à partir de la quatrième année du primaire, parallèlement à l'anglais. Cette approche bilingue vise à maintenir la diversité linguistique tout en offrant aux élèves une base solide dans les deux langues étrangères majeures. Le volume de l'enseignement de la langue française sera par ailleurs renforcé au sein des filières scientifiques, reconnaissant ainsi l'importance de cette langue dans certains domaines d'expertise et dans le cadre de la coopération régionale. L'objectif est de garantir que les étudiants algériens soient polyvalents et compétitifs sur la scène internationale.
D'autres nations de la région ont également entrepris des réformes linguistiques. Le Maroc a commencé à étendre progressivement l'enseignement de l'anglais dans les collèges, passant de 10 % à 50 % des établissements depuis l'année scolaire 2023-2024, avec une généralisation complète prévue pour 2025-2026. Cette expansion progressive reflète une volonté de préparer les jeunes marocains aux défis d'un monde globalisé. La Tunisie discute de son côté d'une démarche similaire concernant l'enseignement de l'anglais, ce qui indique une tendance régionale forte vers la promotion de l'anglais comme langue d'ouverture et de développement. Ces initiatives régionales soulignent une tendance à privilégier l'anglais dans les systèmes éducatifs, perçu comme un atout essentiel pour l'avenir des jeunes.
Vision Stratégique et Compétitivité
Cette orientation stratégique de l'Algérie, qui privilégie l'anglais dans son système éducatif, s'inscrit dans une logique de compétitivité et d'ouverture sur le monde. Le gouvernement algérien, à travers le ministère de l'Éducation nationale et le ministère de l'Enseignement supérieur, vise à doter la jeunesse d'outils linguistiques en phase avec les exigences de l'économie numérique et de la recherche scientifique mondiale. La maîtrise de l'anglais est perçue comme un levier fondamental pour la souveraineté numérique du pays, lui permettant de mieux s'intégrer dans les flux technologiques et scientifiques internationaux, d'accéder aux dernières innovations et de participer activement à l'économie du savoir.
La décision de généraliser l'anglais dès le primaire et de l'introduire progressivement dans l'enseignement supérieur, notamment dans les filières médicales, reflète une volonté de se positionner efficacement face aux dynamiques globales. Des nations comme la Chine et l'Inde, par exemple, ont démontré l'importance de la langue anglaise dans leur ascension économique et technologique, en l'intégrant massivement dans leurs systèmes éducatifs et professionnels. L'Algérie cherche ainsi à suivre une trajectoire similaire, en capitalisant sur cette langue pour faciliter l'accès à l'innovation, aux marchés internationaux et au savoir. Cette politique linguistique audacieuse est une affirmation de l'ambition algérienne de moderniser son système éducatif et de préparer ses citoyens à exceller dans un environnement de plus en plus interconnecté. Baghdad et Cordoba ont historiquement été des centres de savoir et d'échanges, et cette nouvelle politique linguistique vise à moderniser les fondations de la connaissance en Algérie, en s'appuyant sur les outils linguistiques les plus pertinents de notre époque.