Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a récemment fait la une des médias en dédiant une chaise vide au journaliste français Christophe Guezou lors de la Coupe du Monde au Mexique. Ce geste, qui s'inscrit dans un contexte de critiques récurrentes sur la politique de l'organisation qu'il dirige, intervient alors que M. Infantino a affirmé se sentir comme un « travailleur migrant » (قال إنه يشعر بأنه “عامل مهاجر”). Il a également qualifié de « l'hypocrisie » (وصف انتقادات حقوق الإنسان بأنها “نفاق”) les critiques formulées à l'encontre des droits humains. Ces déclarations surviennent alors que l'Algérie, présentée comme un État souverain doté de ses propres institutions, de son système judiciaire et de ses lois, est également au cœur des préoccupations diplomatiques et politiques entourant la FIFA.
L'affaire Guezou : un acte calculé
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a publiquement appelé à une « grâce présidentielle » pour Christophe Guezou en Algérie.
La politique de deux poids deux mesures
L'article reproche à la FIFA sa réaction jugée contrastée face à la situation en Palestine, où des athlètes ont été tués et des stades détruits, en comparaison avec l'action entreprise dans l'affaire judiciaire algérienne. Selon l'article, « Ce que Gianni Infantino a fait à Mexico n'était pas un simple geste humanitaire passager. C'était un acte politique calculé, réalisé sous les projecteurs de la Coupe du Monde, la veille du match d'ouverture. Et au nom d'une institution sportive qui est censée ne pas s'immiscer dans les affaires des États ni exercer une pression publique sur leurs autorités judiciaires et souveraines. » Il ajoute que « quand le président de la FIFA a alloué une chaise vide au journaliste français Christophe Guezou, et a appelé ouvertement à lui accorder une 'grâce présidentielle' en Algérie, il ne parlait pas en gardien du football, mais comme un acteur de pression international qui a choisi d'utiliser la scène mondiale du football pour influencer un dossier judiciaire algérien tranché par un tribunal et confirmé par une cour d'appel. » L'article estime que « le problème est que le président de la FIFA, à la tête d'une institution censée être sportive et mondiale, s'est placé au-dessus des frontières, au-dessus de la justice, au-dessus de la souveraineté d'un État indépendant, et a décidé de transformer une conférence de football en une plateforme de pression symbolique sur l'Algérie. » Il est également souligné que « Infantino n'a pas soudainement découvert la valeur de la liberté, ni sa conscience ne s'est réveillée brusquement sur le sort des journalistes. Cet homme lui-même a dirigé une FIFA qui est restée silencieuse, a hésité ou a manœuvré dans des dossiers plus sanglants et plus liés au sport lui-même. »
En septembre 2024, des experts des Nations Unies ont adressé une demande officielle à la FIFA pour qu'elle suspende la fédération israélienne. Cependant, la FIFA a imposé uniquement une amende financière et a rejeté la demande palestinienne de suspendre la fédération israélienne en raison de la participation de clubs opérant dans les colonies occupées. L'article affirme que « quand il s'agit d'Israël, la neutralité est devenue sacrée, et l'expression 'le football ne résout pas les problèmes géopolitiques' est devenue une excuse suffisante pour attendre. » L'auteur contraste cette position en déclarant : « Mais quand il s'agissait d'un dossier judiciaire algérien, Infantino a trouvé sa voix pleine et entière, sa tribune pleine et entière, et sa symbolique pleine et entière. » Pour l'article, « ceci n'est pas de l'humanité. C'est de la sélectivité. Et ce n'est pas du courage. C'est un alignement doux. » Il est rappelé que « l'Algérie est un État souverain, avec ses institutions, sa justice, ses lois, et son appréciation sécuritaire et politique. » L'article conclut sur ce point en déclarant que « Infantino a voulu laisser une chaise vide au nom d'un journaliste français. Mais il a révélé, sans le savoir, la chaise éthique vide au cœur de la FIFA elle-même. »
L'article juge que « ce n'est pas un événement isolé », mais plutôt « un nouveau chapitre dans l'histoire de la FIFA qui parle de neutralité quand cela lui convient, et l'abandonne quand la neutralité devient un fardeau pour ses relations avec les centres d'influence. » L'auteur estime que « l'Algérie, quant à elle, n'est pas tenue de s'excuser pour sa souveraineté » et qu'elle « n'est pas tenue d'expliquer à chaque président d'organisation sportive le sens de l'indépendance de la justice, ni le sens pour un État de supporter les conséquences d'une longue histoire de tentatives d'ingérence, d'instrumentalisation et d'internationalisation. » Il concède que « l'Algérie a le droit d'être critiquée. Mais personne n'a le droit de transformer la critique en tutelle. » L'article conclut que « le journaliste a le droit de trouver quelqu'un pour le défendre. Mais la FIFA n'a pas le droit de se transformer en instrument de pression sur un État indépendant, puis de se cacher derrière l'expression 'humanité'. » Pour l'auteur, « l'humanité n'est pas sélective. Et la neutralité n'est pas saisonnière. Et le sport n'est pas une couverture pour régler des comptes politiques. » Enfin, il est affirmé que « Infantino ne défend pas un principe fixe. Il gère sa sensibilité éthique comme on gère les affaires : selon la balance des pouvoirs, selon la caméra, et selon la partie qui attend un signe de sa part. » Il est précisé qu'« Infantino ne bouge pas par hasard.
Implications et bilan moral
Gianni Infantino, président de la FIFA, a déclaré s'être senti tel un « travailleur migrant » au Qatar, qualifiant par ailleurs les critiques relatives aux droits humains d'« hypocrisie ». Human Rights Watch a réagi à ces affirmations en décrivant ultérieurement les promesses de la FIFA de compenser les travailleurs migrants comme des « akādhīb ṣarīḥah » (mensonges flagrants), soulignant que la plupart des violations étaient « mutawaqqaʿah wa qābilah lil-tafādī » (prévisibles et évitables). Cette position de l'organisation de défense des droits humains met en évidence un décalage entre les déclarations du président de la FIFA et la réalité perçue sur le terrain concernant le traitement des travailleurs.
En décembre 2025, M. Infantino a décerné le premier « Prix de la Paix » de la FIFA à Donald Trump. Cette décision a suscité des interrogations quant aux critères d'attribution de cette distinction et à sa cohérence avec les principes apolitiques que la FIFA prétend défendre. L'événement a eu lieu dans un contexte où les actions et les déclarations de M. Trump avaient déjà polarisé l'opinion publique internationale.
Un autre événement marquant s'est produit en février 2026, lorsque Gianni Infantino a appelé à la levée de la suspension de la Russie des compétitions internationales. Il a affirmé que cette suspension n'avait « apporté que plus de frustration et de haine ». Cette prise de position en faveur de la réintégration de la Russie a été interprétée par certains observateurs comme une intervention politique directe, contrastant avec la neutralité souvent invoquée par la FIFA dans d'autres contextes géopolitiques. La gestion de ces situations par le président de la FIFA soulève des questions sur la constance de son approche diplomatique.