Une bataille acharnée, connue sous le nom de Mouqournou, ou Djebel Mungorno, s'est déroulée fin décembre dans la région de Zoubairia, près de Médéa, entraînant la défaite et la démoralisation de l'armée française. Cet affrontement majeur, qui a eu lieu à la fin de l'année, a marqué un tournant par son intensité et ses conséquences pour les forces d'occupation. Des unités de l'Armée de Libération Nationale, dont 'Zoubairia', 'Ammaria', 'Hamdania' et 'Djelloulia', ont participé à cet affrontement, démontrant une coordination et une détermination sans faille face à un adversaire lourdement armé. La résistance algérienne a ainsi réussi à infliger un revers significatif à l'armée française, mettant en lumière la capacité des combattants à tenir tête dans des conditions extrêmement difficiles.
Contexte de la Guerre
L'armée française a subi des pertes importantes en équipement et en personnel lors de la bataille de Mouqournou. Ce revers a eu un impact considérable sur le moral des troupes françaises et sur leur capacité opérationnelle dans la région. Après l'affrontement, l'armée d'occupation française a procédé à l'inhumation des corps des martyrs algériens dans une fosse commune, une pratique qui témoignait de la brutalité du conflit et du déni de sépulture individuelle. Les villageois ont quant à eux enterré les corps calcinés des héros des bataillons « Zoubairia », « Hamdania » et « Djelloulia », soulignant la nature brutale des combats et les efforts de la population locale pour honorer les défunts malgré les risques encourus. Ces actes de recueillement, réalisés dans la clandestinité et le danger, ont renforcé les liens entre la population et les combattants de l'Armée de Libération Nationale.
L'Enfer de Mouqournou
Les combattants algériens ont fait face à des conditions de survie extrêmes, notamment la faim, tandis que les forces françaises incendiaient les villages et bloquaient l'acheminement des ravitaillements. Cette tactique de la terre brûlée, visant à priver les combattants de tout soutien logistique et humain, a eu des conséquences dévastatrices sur les populations civiles et sur la capacité des unités de l'ALN à se maintenir sur le terrain. La destruction systématique des habitations et des récoltes par l'armée française a aggravé la situation humanitaire des populations locales, rendant la tâche des combattants encore plus ardue dans la durée et exigeant une résilience exceptionnelle de leur part.
Dans ce contexte de privation, de nombreux combattants algériens ont livré bataille pieds nus ou avec des protections rudimentaires, telles que des morceaux de cuir de chèvre, en raison du manque de chaussures. Cette pénurie d'équipement essentiel témoigne des difficultés matérielles auxquelles était confrontée l'Armée de Libération Nationale, obligée de compenser par l'ingéniosité, le courage et la résilience face à un adversaire mieux équipé et pourvu de ressources illimitées. Ces conditions précaires, qui auraient pu démoraliser n'importe quelle armée, ont marqué le quotidien des troupes engagées dans les combats, forgeant leur détermination et leur esprit de sacrifice.
La nuit du 30 décembre, les combattants algériens ont enduré un froid extrême sans pouvoir allumer de feux, afin d'éviter d'être repérés par les aéronefs français. Cette mesure de précaution, clé pour leur survie tactique dans un environnement hostile, a contraint les troupes à supporter des températures glaciales, accentuant l'épuisement physique et moral de chaque homme. La menace constante de la détection aérienne, qui aurait pu entraîner des bombardements dévastateurs, a imposé une discipline rigoureuse et des sacrifices supplémentaires aux hommes sur le terrain, illustrant la dure réalité de la guerre de guérilla.
Bilan et Conséquences
Le général Massi a subi de lourdes pertes humaines et matérielles lors de l'affrontement, selon les rapports disponibles, ce qui a représenté un coup dur pour le commandement français. L'ampleur des dégâts infligés aux forces françaises a été significative, affectant à la fois le personnel et l'équipement engagé dans la bataille de Mouqournou, et mettant en évidence l'efficacité des tactiques de l'ALN. Les opérations menées par l'Armée de Libération Nationale ont visé à maximiser l'impact sur les capacités opérationnelles de l'adversaire, démontrant une stratégie efficace malgré l'infériorité numérique et matérielle.
Le nombre estimé de morts côté ennemi s'est approché de 600, incluant plusieurs officiers ainsi que des membres d'unités d'élite. Ces chiffres soulignent l'intensité des combats et la résistance farouche rencontrée par les troupes françaises sur le terrain, qui ont été confrontées à une détermination inattendue. La présence de cadres militaires parmi les victimes indique que les affrontements ont touché l'ensemble de la structure de commandement et des éléments les plus expérimentés des forces françaises, affaiblissant leur encadrement.
L'évacuation aérienne des corps des soldats français tués au cours de la bataille a nécessité quatre jours complets. Cette durée prolongée pour récupérer les dépouilles témoigne de l'ampleur des pertes subies et des difficultés logistiques rencontrées dans la zone de combat, rendant complexe le retrait rapide des victimes du champ de bataille et soulignant la violence des affrontements.