Israël va restituer le corps d'un adolescent palestinien détenu depuis neuf mois

Israël va restituer le corps d’un enfant palestinien détenu depuis plus de neuf mois
Photo via Echoroukonline

Israël a pris la décision de restituer le corps d'un adolescent palestinien de 15 ans, neuf mois après son décès. Cette annonce met fin à une longue période de détention de la dépouille par les autorités israéliennes. L'adolescent, identifié comme Jadallah Jihad Jumaa Jadallah, avait été tué par des tirs de l'armée israélienne. Les faits se sont déroulés lors d'une opération menée le 16 novembre 2025 dans le camp d'Al-Fara’a, situé près de Tubas. Le jeune Jadallah Jihad Jumaa Jadallah était originaire de ce même camp de réfugiés d'Al-Fara’a. Son corps était conservé par Israël depuis le jour de son décès, il y a plus de neuf mois, privant ainsi sa famille de la possibilité de l'enterrer.

Contexte de la détention des corps

La détention des corps de Palestiniens par Israël est une pratique qui suscite de vives critiques et une mobilisation constante de la part d'organisations palestiniennes. La Campagne nationale pour la restitution des dépouilles des martyrs palestiniens a rapporté qu'Israël détient les restes d'environ 1 700 Palestiniens. Ce chiffre global note l'ampleur de cette politique.

Parmi ces dépouilles, 799 ont été identifiées, ce qui permet d'avoir une vision plus précise de l'identité des personnes dont les restes sont retenus. Un décompte précis des restes identifiés révèle que 81 sont ceux d'enfants de moins de 18 ans, soulignant l'impact de cette politique sur les plus jeunes victimes du conflit. 99 des dépouilles identifiées sont celles de Palestiniens décédés dans les prisons israéliennes, ce qui ajoute une dimension supplémentaire à la question des droits humains. Les chiffres fournis par la Campagne nationale indiquent également que 10 des corps identifiés sont ceux de femmes. Un nombre significatif de 256 corps sont conservés dans des lieux désignés comme des « cimetières de chiffres », des sites où les dépouilles sont enterrées sans nom ni identification claire, rendant leur récupération et leur identification extrêmement difficiles pour les familles.

La longue bataille judiciaire

La décision de restituer le corps de Jadallah Jihad Jumaa Jadallah fait suite à une requête déposée en mars devant la Cour suprême israélienne. Cette démarche légale, initiée par la famille de l'adolescent et ses représentants légaux, visait à obtenir la restitution de la dépouille de l'adolescent afin de permettre son inhumation. La famille a ainsi mené une bataille judiciaire de plusieurs mois pour récupérer le corps de leur proche.

Les autorités israéliennes ont informé la Cour suprême israélienne mercredi de leur intention de restituer le corps "dans les prochains jours". Cette annonce intervient après plusieurs mois de détention de la dépouille de l'adolescent palestinien, tué lors d'une opération de l'armée israélienne dans le camp d'Al-Fara’a. La Cour suprême avait été saisie pour statuer sur cette affaire, mettant en lumière le rôle des institutions judiciaires dans ces situations complexes. La restitution prochaine du corps de Jadallah Jihad Jumaa Jadallah représente un soulagement pour sa famille, qui pourra enfin procéder aux rites funéraires et faire son deuil.

Impact sur les familles et cadre légal

L'adolescent était originaire du camp de réfugiés d'Al-Fara’a, près de Tubas. Son corps avait été conservé par Israël depuis son décès, survenu il y a plus de neuf mois, prolongeant ainsi la souffrance de sa famille. Cette détention de dépouilles s'inscrit dans un cadre légal établi en 2019, lorsque la Cour suprême israélienne a autorisé les autorités à conserver les corps de Palestiniens comme moyen de pression. Cette pratique permet à l'État d'Israël d'utiliser les dépouilles comme levier dans des négociations futures, notamment pour des échanges de prisonniers ou de corps.

Cette politique est vivement contestée par les organisations de défense des droits humains et les familles palestiniennes, qui la considèrent comme une violation du droit international humanitaire et des droits fondamentaux des défunts et de leurs proches. La restitution du corps de Jadallah Jihad Jumaa Jadallah, bien que tardive, est perçue comme une victoire partielle pour la famille et les défenseurs des droits, mais elle ne résout pas la question plus large de la détention prolongée des dépouilles de nombreux autres Palestiniens.