La crise actuelle au sein de la FIFA dépasse la simple remise en question de l'avenir de son président, Gianni Infantino, pour mettre en lumière des problèmes structurels de gouvernance. Des discussions récentes se sont concentrées sur la révision des mécanismes de gouvernance et sur la responsabilité de M. Infantino, notamment après l'échec de projets tels que « FIFA Forward Enterprise ». La FIFA, pour sa part, insiste sur le fait que son président bénéficie d'un mandat démocratique émanant de 211 associations membres et que toute modification doit s'inscrire dans le cadre des mécanismes électoraux établis.
Gouvernance : Les maux structurels
Selon des analyses juridiques, dont un rapport paru dans le « European Journal of International Law », le problème réside dans la structure même du système de la FIFA, qui utilise des avantages et des subventions pour bâtir des alliances et distribuer des ressources. Des déséquilibres majeurs sont relevés, notamment la concentration du pouvoir au sein du Conseil de la FIFA, qui combine les fonctions de régulation, de vente de droits et de distribution budgétaire. La faible indépendance des organes de surveillance et des comités d'éthique, ainsi que leur vulnérabilité à l'influence politique, sont également identifiées comme des problèmes. Le principe « un vote par association » crée un incitatif politique à obtenir la loyauté des associations plus petites via un soutien financier. L'article mentionne une ambiguïté croissante dans les mécanismes de distribution de l'argent.
Propositions de réforme
Des alternatives à la présidence actuelle de la FIFA ont été suggérées, incluant l'adoption d'une présidence tournante ou le remplacement du poste actuel par un président du conseil d'administration et un système de plusieurs adjoints. Une discussion est en cours concernant la séparation explicite des aspects commerciaux, opérationnels et réglementaires, ce qui contraste avec l'approche d'intégration prônée par Gianni Infantino. Pour sa part, Miguel Maduro propose une séparation complète entre les fonctions réglementaires et les activités commerciales de l'organisation. M. Maduro plaide également pour une implication authentique des joueurs et des supporters dans les processus décisionnels. Enfin, il préconise la mise en place d'organes de surveillance pleinement indépendants, dotés de mécanismes de nomination transparents.
Critiques et impacts
Un manque de représentation des acteurs clés tels que les joueurs, les clubs et les supporters est également observé. Selon Miguel Maduro, ancien chef du Comité de gouvernance de la FIFA, « faire de la croissance financière le critère principal de succès conduit à négliger le bien-être des joueurs et à accumuler les matchs au détriment de l'équilibre compétitif, transformant les supporters en consommateurs au lieu d'être l'épine dorsale du jeu ». Cette primauté accordée à la croissance financière comme indicateur de réussite entraîne une surcharge du calendrier des matchs.
Réactions et perspectives
Des réunions se sont tenues à Salzbourg, en Autriche, regroupant Aleksander Čeferin de l'UEFA, Nasser Al-Khelaifi de l'European Club Association et Patrice Motsepe de la CAF. Selon Miguel Maduro, ancien chef du Comité de gouvernance de la FIFA, « le problème n'est pas personnel mais découle d'un modèle combinant les rôles de régulateur et d'acteur commercial ». Il ajoute que « la réforme de la FIFA exige de s'attaquer aux règles institutionnelles qui produisent ces crises récurrentes, afin d'assurer une bonne gouvernance qui équilibre la croissance commerciale avec l'intégrité du sport ».