Condamnation des violations des droits humains au Sahara Occidental par l'Association européenne des avocats

المحامون الأوروبيون يدينون الانتهاكات المغربية ضد الحقوقيين الصحراويين
Photo via Echoroukonline

L'Association européenne des avocats pour la démocratie et les droits de l'homme a formellement condamné les violations graves des droits humains visant les défenseurs sahraouis par l'occupation marocaine dans le Sahara Occidental occupé. Cette condamnation a été formulée dans un communiqué officiel émis par l'association, exprimant sa « vive préoccupation » face à la situation. Le communiqué dénonçait l'utilisation croissante de « méthodes d'isolement et de restrictions de mouvement » visant à entraver la surveillance des droits humains et à punir les défenseurs. Ce communiqué manifestait un soutien spécifique à Ali Salem Tamek, chef de la CODESA (Sahrawi Defenders of Human Rights Association in Western Sahara), ainsi qu'à d'autres activistes sahraouis œuvrant dans la partie occupée du Sahara Occidental. L'association a appelé à l'arrêt immédiat de la détention arbitraire et des transferts forcés, soulignant l'urgence de la situation pour ces défenseurs.

Tactiques d'isolement et de répression

L'association a exprimé sa vive préoccupation face à l'utilisation croissante de tactiques d'isolement et de restrictions de mouvement. Ces mesures sont délibérément mises en œuvre pour empêcher les actions de solidarité, entraver la surveillance des droits humains et sanctionner les défenseurs militant pour le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui. Elle a également manifesté une profonde inquiétude concernant des informations selon lesquelles les autorités d'occupation ont imposé un siège de facto au domicile du défenseur sahraoui des droits humains Hussein Mujahid, dans la ville occupée de Laayoune, et ce depuis la nuit du 19 mai. Ali Salem Tamek réside actuellement au domicile de Hussein Mujahid avec sa famille, ce qui rend la situation particulièrement tendue pour lui et ses proches.

Des rapports crédibles indiquent que les autorités d'occupation ont encerclé la résidence de Hussein Mujahid de manière persistante, empêchant ainsi les défenseurs des droits humains et les proches d'y entrer. Ces mêmes rapports signalent que l'électricité a été coupée à plusieurs reprises, ajoutant une pression supplémentaire sur les occupants de la maison. Les membres de la CODESA continuent de faire face à des restrictions significatives de leur liberté de réunion pacifique et à un harcèlement constant, entravant leur travail légitime. La vice-présidente de la CODESA, Khadijtou El Duihi, est soumise à une surveillance continue et à des actes d'intimidation autour de son domicile, des faits qui ont été documentés et rapportés par l'association. Ces actions soulignent un modèle de répression systématique.

Un schéma de représailles

L'Association européenne a affirmé que les membres de la CODESA subissent des actions de représailles similaires à celles visant d'autres défenseurs des droits humains dans l'ensemble du Sahara Occidental occupé. Ces incidents, selon l'association, révèlent un schéma clair et préoccupant d'actions punitives et de sanctions collectives dirigées spécifiquement contre les défenseurs sahraouis des droits humains. Ce schéma met en lumière une tentative délibérée d'étouffer toute voix dissidente et de décourager l'activisme en faveur des droits fondamentaux dans la région.

Appels à la justice

L'Association européenne des avocats a réitéré ses demandes urgentes pour la fin de la détention arbitraire, des déplacements forcés et des tactiques d'isolement utilisées contre les défenseurs des droits humains sahraouis. L'organisation a également appelé à garantir la sécurité physique et psychologique de ces défenseurs dans le territoire, insistant sur leur droit à la protection. Elle a enfin exhorté les autorités à permettre aux défenseurs des droits humains au Sahara Occidental d'exercer leur travail pacifique et légitime sans crainte de représailles ou de harcèlement, conformément aux normes internationales en matière de droits de l'homme.

Responsabilité de l'Union Européenne

L'Union européenne est « ملزم، بموجب قيمه التأسيسية والتزاماته القانونية، بضمان امتثال سياساته وإجراءاته الخارجية للقانون الدولي، بما في ذلك احترام حقوق الإنسان وحق الشعوب في تقرير المصير » ("obligé, en vertu de ses valeurs fondatrices et de ses engagements juridiques, de garantir la conformité de ses politiques et actions extérieures au droit international, y compris le respect des droits de l'homme et du droit des peuples à l'autodétermination"), a rappelé l'Association européenne des avocats pour la démocratie et les droits de l'homme. L'association a fermement souligné que cette obligation est fondamentale et non négociable.

L'association a également insisté sur le fait qu'il « يتوجب على الاتحاد الأوروبي تعزيز اشتراطات احترام حقوق الإنسان ضمن علاقاته مع المغرب، بما يشمل وضع معايير واضحة وآليات للرصد والمتابعة وتدابير تنفيذية تفعل في حالات عدم الامتثال » ("incombe à l'Union européenne de renforcer les exigences en matière de droits humains dans ses relations avec le Maroc, en incluant l'établissement de normes claires, de mécanismes de suivi et d'évaluation, ainsi que de mesures d'exécution applicables en cas de non-conformité"). Cette démarche est jugée essentielle pour que l'UE puisse véritablement faire respecter ses propres valeurs et engagements dans ses relations internationales.