En mai 2021, le Maroc a orchestré une « pièce d'invasion » dans la ville espagnole de Ceuta, permettant l'entrée d'environ dix mille Marocains. Cette action, perçue comme une démonstration de force, a rapidement attiré l'attention internationale. Deux jours après cet événement de mai, le 19 mai, Pedro Sánchez s'est rendu à Ceuta, marquant la gravité de la situation pour le gouvernement espagnol. Suite à cette visite, le Maroc aurait piraté le téléphone de Pedro Sánchez à l'aide du logiciel Pegasus, ajoutant une dimension d'espionnage à la crise diplomatique. Le 30 juillet, le Maroc a de nouveau mis en scène une « pièce d'occupation » avec une marche humaine, autorisant quatre-vingt mille Marocains à entrer et à prendre le contrôle de Ceuta. Cette marche du 30 juillet a engendré des problèmes et de la peur en Espagne, contraignant le gouvernement espagnol à suspendre son agenda estival face à l'ampleur de la situation. Après l'invasion de mai 2021, 30% des Espagnols croyaient que le Maroc modifierait son comportement ; à la suite des événements ultérieurs, l'ensemble de la population espagnole considère le Maroc comme un ennemi, un changement radical de perception qui note l'impact profond de ces manœuvres.
Stratégie de pression marocaine
Lors de l'événement de mai 2021, aucun migrant d'Afrique subsaharienne n'est entré à Ceuta, en dépit de leur présence significative dans la région. L'article affirme que le Maroc a utilisé cet incident pour faire chanter Pedro Sánchez, cherchant à obtenir la reconnaissance de l'autonomie, la satisfaction de ses exigences concernant le Sahara Occidental et l'aide, ainsi qu'une influence sur les tribunaux européens pour éviter l'invalidation des accords commerciaux et de pêche UE-Maroc. Cette stratégie ciblée, qui évitait l'implication des migrants subsahariens, suggère une intention délibérée de la part du Maroc de manipuler les flux migratoires à des fins politiques. Parmi les 80 000 personnes entrées à Ceuta le 30 juillet, aucun migrant d'Afrique subsaharienne n'a été recensé, renforçant l'idée d'une opération contrôlée. Cependant, le 15 août, une autre tentative d'incursion a eu lieu, impliquant uniquement des participants originaires d'Afrique subsaharienne, sans aucun Marocain, ce qui pourrait indiquer une diversification des tactiques ou une réaction aux critiques.
Selon l'article, les objectifs du Maroc incluent la pression sur l'Espagne pour qu'elle cède les eaux et l'espace aérien du Sahara Occidental en vue de négociations avec l'UE, notamment sur la pêche. Le Maroc vise également à obtenir des concessions de l'actuel gouvernement de Pedro Sánchez, estimant que cela ne serait pas possible avec un futur gouvernement. Cette analyse suggère une fenêtre d'opportunité perçue par le Maroc, cherchant à capitaliser sur la situation politique espagnole. La faiblesse perçue du gouvernement espagnol actuel et la certitude qu'il ne réagirait pas avec force ont été des facteurs encourageants pour le Maroc, indique l'analyse, ce qui a pu conforter Rabat dans l'audace de ses actions.
Conséquences et réactions espagnoles
Le Maroc aurait piraté le téléphone de Pedro Sánchez à l'aide du logiciel Pegasus après sa visite à Ceuta, une allégation grave qui, si elle est avérée, révèle une intrusion directe dans la souveraineté et la sécurité d'un chef d'État européen. À la suite des événements du 30 juillet, 180 corps ont été retrouvés dans les eaux de la ville et sur ses rives, témoignant du drame humain et des risques extrêmes associés à ces mouvements de population forcés. Environ 10 000 mineurs et 10 000 adultes se sont retrouvés sans abri ou ont provoqué des troubles à Ceuta après cette même date, submergeant les services d'urgence et sociaux de la ville. Les plages de Ceuta ont été polluées par des bouées, des tongs, des chaussures et des vêtements, illustrant l'impact environnemental et la désorganisation laissés par ces incursions massives.
Parallèlement, les appels se sont multipliés pour que Pedro Sánchez revienne sur sa reconnaissance de l'autonomie en 2022, une décision controversée qui, pour beaucoup, a été perçue comme une concession unilatérale au Maroc. Des entités espagnoles mettent en garde le gouvernement contre la tentation de céder au chantage marocain concernant des accords sur les eaux et l'espace aérien sahraouis, soulignant la nécessité de maintenir une position ferme face aux pressions.
Influence extérieure et contexte
L'article suggère que le mécontentement de Donald Trump envers l'Espagne concernant les questions de Gaza et d'Iran aurait pu encourager le Maroc. Selon cette analyse, M. Trump aurait potentiellement fermé les yeux ou secrètement encouragé l'action marocaine dans le but de « discipliner » l'Espagne. Cette perspective insinue une dimension internationale aux manœuvres marocaines, les reliant à des dynamiques géopolitiques plus larges et aux relations entre les États-Unis et l'Espagne sous l'administration Trump. L'hypothèse note une possible convergence d'intérêts entre le Maroc et certains acteurs extérieurs, visant à exercer une pression sur Madrid et à remodeler les équilibres régionaux.
Implications juridiques et internationales
Plusieurs pays européens, dont l'Italie, ont demandé que le Maroc soit tenu responsable de sa tentative d'invasion d'un territoire européen, ce qui témoigne d'une préoccupation croissante au sein de l'Union européenne. Dans ce contexte, de nombreuses associations et professionnels du droit préparent des poursuites contre le Maroc pour l'exploitation de mineurs dans des différends politiques, mettant en lumière la dimension éthique et légale de l'utilisation de populations vulnérables comme instruments de pression. L'association Iustitia Europa a déposé une plainte auprès de l'Audience nationale espagnole concernant l'entrée massive de migrants depuis le Maroc. Cette plainte vise notamment à enquêter sur les responsabilités potentielles des autorités marocaines, y compris le Roi Mohammed VI, pour les événements survenus à la frontière de Ceuta, cherchant à établir une responsabilité au plus haut niveau de l'État marocain.