Algérie : « Trop c'est trop ! » face à la spéculation et aux dangers publics

En Algérie, plusieurs pratiques jugées dangereuses ou spéculatives suscitent l'inquiétude, concernant notamment les transports, l'alimentation et l'hygiène publique. La population exprime un sentiment de lassitude face à ces dérives qui impactent directement leur quotidien et leur sécurité.

Les chauffeurs de bus sont particulièrement pointés du doigt. Ils sont notamment accusés de surcharge excessive de leurs véhicules, mettant en péril la sécurité des passagers. D'autres comportements dangereux incluent l'excès de vitesse, l'absence de titres de transport en règle, l'utilisation du téléphone au volant, une distraction potentiellement fatale, et, plus grave encore, la conduite sous l'influence de psychotropes, augmentant considérablement les risques d'accidents. Ces pratiques irresponsables contribuent à un sentiment général d'insécurité sur les routes.

Parallèlement, des préoccupations majeures sont soulevées quant aux prix des produits de consommation de base. À Alger, par exemple, des packs de six bouteilles d'un litre et demi d'eau minérale se vendent entre 260 et 280 DA, un prix jugé élevé par de nombreux consommateurs. L'état d'hygiène est également jugé déplorable dans de nombreux établissements de restauration rapide, soulevant des craintes quant à la salubrité des aliments servis. Enfin, il est rapporté que dans de nombreuses supérettes, des produits laitiers sont laissés en dehors des présentoirs réfrigérés, exposant les consommateurs à des risques sanitaires importants en raison de la rupture de la chaîne du froid.

Conducteurs, dangers sur les routes

La gravité de la situation sur les routes est confirmée par des chiffres alarmants. Entre le 31 juillet et le 16 août, une période de seulement deux semaines et demie, 44 personnes ont perdu la vie dans des accidents impliquant des bus, selon les statistiques disponibles. Ces chiffres macabres soulignent l'ampleur des risques rencontrés sur les routes algériennes, particulièrement en ce qui concerne les transports en commun. La période concernée met en lumière une concentration d'incidents mortels liés à l'utilisation des bus, appelant à une prise de conscience et à des mesures urgentes pour améliorer la sécurité routière et la formation des conducteurs. La responsabilité des chauffeurs dans ces tragédies est souvent mise en avant en raison des infractions mentionnées.

Commerçants, prix sauvages et hygiène

Les commerçants sont accusés de pratiques commerciales déloyales et de manquements aux règles d'affichage des prix. Ils sont soupçonnés de se livrer à la spéculation et d'appliquer des augmentations de prix jugées excessives, souvent sans justification apparente. Cette situation a conduit à des hausses significatives pour certains produits de consommation courante, rendant difficile l'accès à des denrées essentielles pour de nombreux ménages. Le prix des bananes a notamment triplé, atteignant 1300 DA le kilogramme dans certains magasins, alors qu'il était d'environ 400 DA le kilogramme il y a quelques mois, illustrant l'ampleur de ces augmentations.

Des préoccupations sanitaires sont également soulevées concernant les pratiques de certains bouchers. Ces derniers sont observés en train de découper la viande à l'avance et de l'exposer sans la maintenir au frais, augmentant les risques de contamination et de détérioration pour la santé publique. Ces méthodes de conservation inadéquates peuvent entraîner des intoxications alimentaires et d'autres problèmes de santé pour les consommateurs.

Évasion fiscale et régulations ignorées

Des produits sont présentés dans les commerces sans affichage de prix, une pratique qui contrevient aux régulations en vigueur, selon des observations rapportées. Cette absence d'étiquetage des prix constitue une infraction réglementaire claire, privant les consommateurs d'une information essentielle pour leurs achats et favorisant l'opacité sur les tarifs pratiqués.

Parallèlement, les commerçants sont décrits comme des maîtres de l'optimisation fiscale, déclarant de faibles revenus afin d'éviter le paiement des impôts. Ces pratiques soulignent un contournement des obligations fiscales, impactant potentiellement les recettes publiques et la transparence économique dans le pays. Ces comportements, qu'il s'agisse de l'absence d'affichage des prix ou de l'évasion fiscale, contribuent à un sentiment d'injustice et d'impunité, exacerbant le mécontentement général face à ces dérives économiques et sociales.