Algérie : Simplification radicale des permis de construire pour dynamiser l'investissement

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Photo: ح.م via Echoroukonline

Le Premier ministre Seifi Gheriabi (سيفي غريب) a signé un nouveau décret exécutif visant à moderniser le système d'urbanisme et à simplifier les procédures administratives relatives aux permis de construire. Cette mesure législative est perçue comme un pas décisif vers l'amélioration du climat des affaires et la stimulation de l'investissement dans le pays. Ce texte, identifié comme le décret exécutif n° 26-158 et daté du 14 avril 2026, modifie et complète le décret exécutif n° 15-19 promulgué en 2015. La décision intervient alors que le nouveau texte a été élaboré sur la base d'un rapport émanant du ministre de l'Habitat, de l'Urbanisme et de la Ville, soulignant une démarche concertée et réfléchie. Cette initiative s'inscrit dans l'objectif de dynamiser l'investissement en Algérie en fluidifiant les démarches pour les projets de construction, répondant ainsi à un besoin pressant de rationalisation et d'efficacité administrative.

L'objectif principal de cette réforme est de lever les obstacles bureaucratiques qui ont pu freiner le développement de projets immobiliers et d'infrastructures par le passé. En rationalisant les processus d'obtention des permis de construire, le gouvernement algérien cherche à créer un environnement plus propice à l'attraction de capitaux nationaux et étrangers. La modernisation du système d'urbanisme est également essentielle pour assurer une meilleure planification territoriale et un développement urbain harmonieux, tout en garantissant la conformité des constructions aux normes en vigueur. Cette approche globale vise à concilier les impératifs de croissance économique avec les exigences de durabilité et de qualité de vie pour les citoyens.

Nouveaux délais et procédures simplifiées

Le nouveau décret exécutif introduit des délais précis pour l'étude des dossiers, exigeant la tenue de réunions dédiées tous les dix jours. Cette fréquence accrue des réunions est destinée à accélérer le traitement des demandes et à éviter les blocages prolongés. Il prévoit également que les études de conformité doivent être menées dans un délai de dix jours, un raccourcissement significatif destiné à garantir une validation rapide des aspects techniques et réglementaires des projets. Avant toute inspection sur site, un préavis de huit jours est désormais requis, offrant aux promoteurs une meilleure visibilité et la possibilité de se préparer adéquatement. En ce qui concerne la régularisation des situations non conformes, une période de trois mois est allouée pour le règlement, offrant une fenêtre suffisante pour corriger les éventuelles lacunes sans pour autant prolonger indéfiniment les processus. Le texte établit un délai de quinze jours pour répondre aux décisions de rejet formulées par les autorités compétentes, ce qui permet aux demandeurs de comprendre rapidement les motifs de refus et d'adapter leur démarche en conséquence. Des réunions périodiques, tenues au moins tous les dix jours, sont spécifiées pour l'examen des demandes, soulignant l'engagement des autorités à maintenir un rythme soutenu dans le traitement des dossiers. Ces dispositions sont conçues pour apporter une plus grande prévisibilité et transparence aux procédures, réduisant ainsi l'incertitude pour les investisseurs et les porteurs de projets. La mise en place de ces délais stricts est une réponse directe aux critiques concernant la lenteur administrative et vise à instaurer une culture de l'efficacité au sein des services concernés.

Facilités pour les projets d'investissement

Des facilités sont prévues pour les projets d'investissement enregistrés auprès des Guichets Uniques de l'Agence Algérienne de Promotion de l'Investissement (AAPI). Ces guichets, conçus comme des points de contact centralisés, sont désormais au cœur du processus de simplification. Le décret permet également d'utiliser une « approbation préalable » en lieu et place de certaines décisions administratives traditionnelles, ce qui représente une simplification majeure en réduisant le nombre d'étapes formelles. Une étude préliminaire des dossiers architecturaux par les services d'urbanisme ou leurs représentants au sein du Guichet Unique est autorisée, permettant d'identifier et de résoudre les problèmes potentiels en amont. Les demandes de permis de construire pour les projets d'investissement peuvent être soumises sous format papier ou via la plateforme numérique dédiée, offrant ainsi flexibilité et accessibilité aux promoteurs. Cette dualité de soumission, physique et numérique, vise à s'adapter aux différentes préférences et capacités des investisseurs, tout en encourageant la digitalisation des services. Le Guichet Unique, composé de représentants de divers secteurs, est chargé du traitement de ces dossiers, assurant une coordination interministérielle efficace. Cette composition multidisciplinaire permet une approche intégrée et une prise en compte de toutes les dimensions des projets. Le secrétariat technique du Guichet Unique a pour mission de réceptionner et d'enregistrer les demandes, de transmettre les dossiers aux différentes entités concernées, de préparer les réunions d'examen et de communiquer les décisions aux demandeurs. Pour les projets d'investissement, le processus de contrôle de conformité et de certification est géré par le Guichet Unique qui a délivré le permis de construire, garantissant une continuité et une cohérence dans le suivi post-délivrance. Ces mesures visent à créer un parcours simplifié et intégré pour les investisseurs, minimisant les interactions avec de multiples administrations et réduisant les délais de traitement.

Recours et suivi des décisions

En cas de refus d'un certificat de conformité, le propriétaire du projet dispose d'un droit de recours. Ce recours doit être exercé auprès du Comité national des recours en matière d'investissement. Cette disposition vise à offrir aux investisseurs une voie de contestation formelle face aux décisions administratives négatives, assurant ainsi une protection de leurs droits et intérêts. Le mécanisme de recours s'inscrit dans la démarche globale de simplification et de sécurisation des procédures pour les porteurs de projets, cherchant à réduire les risques de blocage et à assurer une certaine équité dans le traitement des dossiers. L'établissement de ce comité national note la volonté des autorités de centraliser et d'harmoniser la gestion des litiges liés aux investissements, offrant ainsi un cadre clair pour l'examen des requêtes et la prise de décisions finales. Ce dispositif est conçu pour garantir la transparence et l'efficacité dans le processus d'obtention et de validation des autorisations de construire, éléments jugés essentiels pour dynamiser le secteur de l'investissement en Algérie. La mise en place de cette instance de recours est clé pour instaurer la confiance chez les investisseurs, qui savent désormais qu'ils disposent d'une voie légale pour contester des décisions qu'ils jugeraient infondées. Cela renforce la sécurité juridique des projets et contribue à un environnement d'affaires plus prévisible et équitable.