Affaire Imetal : L'ancien ministre Ali Aoun rejugé en appel

الوزير علي عون ومن معه أمام القضاء في 9 جوان
Photo via Echoroukonline

La Cour d'appel d'Alger rouvrira mardi 9 juin 2026 le dossier de corruption "Imetal", impliquant l'ancien ministre de l'Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun. Ce nouveau procès en appel concerne également son fils, Mehdi Aoun, qui figure parmi les mis en cause. Le dossier inclut aussi le nom de Nounou Manita, un homme d'affaires de la wilaya d'Oran, ainsi que S. Nour El Din, le directeur général de l'établissement "Fondale". B. Karim, le PDG du complexe "Sider El Hadjar", est également cité parmi les accusés dans cette affaire. Les charges retenues contre les différents prévenus couvrent l'octroi de contrats illégaux, la réception d'avantages indus, le détournement de deniers publics, l'abus d'influence, l'abus de fonction, le blanchiment d'argent et les pots-de-vin. Ces accusations sont au cœur de l'enquête qui a mené à cette procédure judiciaire complexe, soulignant la gravité des faits reprochés aux diverses personnalités impliquées. L'ouverture de ce nouveau procès en appel marque une étape clé dans un dossier qui a déjà connu de nombreux rebondissements.

Détails du premier jugement

Le Tribunal pénal économique et financier de Sidi M'hamed avait précédemment rendu une décision le 20 avril 2026 concernant cette affaire. Lors de ce premier jugement, l'ancien ministre Ali Aoun a été condamné à cinq ans de prison ferme et à une amende d'un million de dinars algériens, la cour ayant ordonné son incarcération. Cette décision initiale avait marqué un tournant majeur dans l'affaire, plaçant l'ancien haut fonctionnaire au centre des condamnations.

Le même jour, le tribunal a statué sur le cas d'A. Abdel Nour, connu sous le nom de Nounou Manita, le condamnant à dix ans de prison et à une amende d'un million de dinars algériens. Cette peine sévère reflète la gravité des accusations portées contre l'homme d'affaires de la wilaya d'Oran. L'investisseur Sami Bouqataia a également reçu une peine identique, soit dix ans de prison et une amende d'un million de dinars algériens, pour son implication dans les mêmes faits.

Mehdi Aoun, le fils de l'ancien ministre Ali Aoun, a été condamné à six ans de prison et à une amende de 200 000 dinars algériens. Sa condamnation met en lumière la portée familiale de l'affaire, touchant directement le cercle proche de l'ancien ministre. Le directeur général de "Fondale", S. Nour El Din, et B. Karim, PDG de "Sider El Hadjar", ont chacun été condamnés à trois ans de prison et à une amende d'un million de dinars algériens. Ces jugements ont souligné la responsabilité des dirigeants d'entreprises publiques dans cette affaire de corruption présumée.

L'opérateur économique Cherfaoui Mohamed et le président du club hippique Kouara Abdel Halim ont été reconnus coupables et condamnés à cinq ans de prison ferme ainsi qu'à une amende d'un million de dinars algériens. Le tribunal a ainsi sanctionné leur rôle dans les malversations identifiées.

Plusieurs personnalités ont bénéficié d'un acquittement complet. L'ancien président de la Fédération algérienne de football, Cherifdine Amara, a été acquitté de toutes les charges portées contre lui. Cette décision a marqué un soulagement pour l'ancien dirigeant sportif. De même, Ayem Cherrit, directeur général d'une concession de marque automobile chinoise, a été acquitté, le tribunal n'ayant pas trouvé d'éléments probants pour le condamner. Le gérant de société Attia a également été acquitté, échappant aux poursuites. Enfin, les gérants de la société pharmaceutique Amraoui Abdelkader et Habes Mohamed ont tous deux été acquittés de l'ensemble des accusations, démontrant que le tribunal a examiné chaque cas individuellement.

Sanctions financières et réparations

Chaque accusé déclaré coupable dans cette affaire a été contraint de verser une amende d'un million de dinars algériens au Trésor public. Cette sanction financière s'applique à l'ensemble des individus reconnus coupables lors du premier jugement, marquant une imposition collective pour les infractions commises et visant à compenser le préjudice subi par l'État.

La société accusée dans le dossier a été condamnée à verser cinq millions de dinars algériens en réparation des dommages causés. Cette décision vise à compenser le préjudice généré par les agissements incriminés, soulignant la volonté de réparer l'impact économique des faits reprochés dans le cadre de l'affaire Imetal. Ces sommes devront être versées pour réparer les torts causés par les activités illégales mises en lumière par l'enquête et le jugement.

Prochaines étapes judiciaires

La Cour d'appel d'Alger se prépare à rouvrir le dossier de l'affaire Imetal, marquant une nouvelle étape judiciaire pour les personnes impliquées. Ce réexamen des condamnations et acquittements prononcés précédemment par le Tribunal pénal économique et financier de Sidi M'hamed est attendu avec une attention particulière. Les accusés, dont l'ancien ministre de l'Industrie Ali Aoun et son fils Mehdi Aoun, ainsi que l'homme d'affaires Nounou Manita et les directeurs S. Nour El Din et B. Karim, verront leurs cas réévalués. Les charges retenues incluent l'octroi de contrats illégaux, le détournement de deniers publics, l'abus d'influence et le blanchiment d'argent. Cette procédure en appel permettra aux différentes parties de contester les décisions initiales ou d'en demander la confirmation, ouvrant potentiellement la voie à des verdicts modifiés. Les avocats des prévenus auront l'opportunité de présenter de nouveaux arguments ou de réexaminer les preuves, dans l'espoir d'obtenir une révision des peines ou des acquittements. La décision de la Cour d'appel sera déterminante pour l'issue finale de cette affaire de corruption d'envergure.